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ZËRO - Ain’t That Mayhem ?

Cette semaine, du 23 au 27 avril 2018, les radios FERAROCK vous font découvrir l’album "Ain’t That Mayhem ?" de Zëro sorti chez Ici D’Ailleurs.


Si leurs récentes collaborations avec Virginie Despentes et Béatrice Dalle ont donné aux lyonnais le coup de projecteur qu’ils méritaient, ce n’est là que le plus récent chapitre d’une histoire commencée jeune et il y a plus de 25 ans par Eric Aldéa, déjà accompagné du batteur Franck Laurino. Au sein des Deity Guns (89-93) puis de Bästard (93-98) et en une poignée d’albums (dont des productions signée Lee Ranaldo de Sonic Youth ou Andy Briant de Tortoise*), ils ont tout simplement été les pionniers du post-rock en France.
La reformation sous le nom de Zëro se fait en 2006 avec l’arrivée d’Ivan Chiossone (complice d’Eric au sein de Narcophony au début des années 2000), le groupe devenant trio pour l’album San Francisco en 2016 avec le départ du guitariste François Cuilleron, déjà membre de Bästard. Ce qui aurait pu limiter voire tuer Zëro le libère : la capacité du groupe à se renouveler sans jamais se renier sera largement saluée, et si les influences tour à tour no wave, indus, noise voire alt-jazz sont toujours perceptibles, c’est sans complexe que le trio s’autorise alors de véritables incursions pop. Pendant que des hordes d’apprentis doués mais un tantinet scolaires feront entrer le post rock hexagonal dans l’ère de sa probable apogée, Zëro sans complexe ira jusqu’à nous régaler de reprises de James Brown chaudes et abrasives, en concert puis en 45 tours. Comme s’ils n’avaient rien à prouver.
Et pourtant le chapitre qui arrive aujourd’hui ressemble presque au « debut album » d’une jeune formation pétrie d’une fougueuse et insatiable envie d’en découdre avec le monde. Un monde complexe, angoissant, oppressant même, et pourtant riche de sa confusion. « Ce serait pas un peu le bordel ? » semble demander le titre de ce nouvel album « Ain’t That Mayhem** ? » et son saisissant visuel post-apocalyptique.
Pas de limites et qu’importe les outils, les sons, les instruments. Il y a même comme des cuivres sur l’entêtant instru We Blew It, un genre d’orgue liturgique à la fin de Five vs Six, et même de l’autotune sur l’étrange conclusion de l’album (Yawny Holiday). Et ça vous attrape qui avec des empilements hypnotiques (Deranged, Myself as a Fool), qui avec un refrain en équilibre instable (Fake From The Start), qui avec une rythmique comme inéluctable (Marathon Woman à marche forcée), qui avec un timbre de voix singulier (le quasi blues Alligator Wine emprunté à Screaming Jay Hawkins), qui avec un riff de guitare simplissime tel un arbre qui cache la forêt de variations, s’avançant derrière pour tricoter avec les neurones et les sensations (Recife, 1974)... A l’instar du vieux manoir qui sert d’écrin à ce disque, on se demande presque comment tout ça tient debout.
Il va falloir plus d’une écoute pour faire révéler à ce nouvel album les multiples ressorts qui animent la drôle de machine qu’il semble être, déployant ses méandres sans ordre pré-établi, ouvrant des chausse-trappes quand le chemin semble dégagé, révélant des issues au fond des impasses. Et pourtant. Et pourtant on dirait que Zërosigne là son disque le plus abordable. Pour complexe qu’il soit, ce « Ain’t That Mayhem ? » ouvre finalement tant de portes d’entrées à des cultures musicales différentes qu’il se livre dès la première écoute. Tel le voyageur tétanisé à l’idée de pousser la porte d’un vieux manoir foutraque et potentiellement hanté pour y trouver refuge, on ne sait pas ce qu’on va trouver derrière tout ça. Mais on entre.

Le nouvel album de Zëro est à découvrir et à gagner jusqu’au 27 avril sur les radios FERAROCK !

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