Psykick Lyrikah - Derrière moi

Plus qu’un groupe, Psykick Lyrikah est un projet à géométrie variable emmené par le rappeur et désormais compositeur Arm. Celui-ci propose sa propre vision du rap où le lyrisme des textes est mis en valeur par la sobriété du flow et où les productions, aussi puissantes qu’aériennes, balaient un large spectre musical bien au-delà de l’obscurité apparente en surface...

Psykick Lyrikah - Derrière moi Après une décennie passée à définir les contours de ce hip hop atypique avec l’aide d’autres artistes, Arm propose aujourd’hui son disque le plus personnel. En effet, en dehors d’un duo avec Iris (avec qui il a justement sorti l’album "Les Courants Forts" en 2010) et un morceau co-composé avec Tepr (ex-Abstrackt Keal Agram), il a pris en charge l’intégralité des textes et des musiques. Avec la volonté de suivre un véritable dogme : l’absence d’instruments acoustiques ou électriques (ce qui n’était pas arrivé depuis la street-tape "Lyrikal Teknik" enregistrée en 2001). Lorsque l’on connaît l’importance qu’a pris la guitare d’Olivier Mellano au fur et à mesure que le projet Psykick Lyrikah évoluait, on constate qu’une fois de plus, Arm opte pour le changement, le contre-pied permanent.

Après un processus d’écriture, de composition et d’enregistrement réalisé seul dans son studio sur une durée de un an, Arm a fait appel à Reptile pour le mixage. L’ingénieur du son, déjà en charge d’albums d’artistes majeurs du hip hop en France (Assassin, NTM, Casey…) s’est avéré être l’homme de la situation pour emmener ces morceaux là où l’artiste les avaient imaginés, voire au-delà…

"Derrière moi" est clairement plus hip hop que ses trois prédécesseurs. En effet, Arm reconnaît écouter du rap américain, notamment le dirty South de Crime Mob et de Juicy J (de Three 6 Mafia), mais son influence n’explique que partiellement la tournure prise par l’album. Car les mélodies synthétiques de "Derrière moi" viennent d’ailleurs, sans doute du goût de l’artiste pour les bandes originales de films des années 1970 et 1980 (on pense notamment à John Carpenter).

Les textes, toujours aussi riches, participent une fois encore à renforcer la singularité de l’auteur en le distinguant très clairement de ses compatriotes ayant encore du mal à se défaire de leurs modèles américains. Mais ne demandez pas à Arm d’expliquer ses textes : comme il l’a toujours dit, s’il pouvait le faire, il n’en ferait sans doute pas des morceaux…

En ce qui concerne l’absence d’Olivier Mellano et de Robert Le Magnifique (à l’exception d’un passage de scratch), nul besoin d’entamer un deuil puisque le trio sera à nouveau réuni sur scène pour une adaptation des morceaux laissant la place à la guitare et à la basse. Une relecture qu’on imagine forcément un peu plus musclée…
+ d’infos : http://psykicklyrikah.free.fr/

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