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FAIR 2017 : les interviews (3/3)

Les artistes répondent aux questions de la FERAROCK ! Découvrez ci-dessous les interviews des artistes du FAIR 2017 réalisées par Benoît Vahtar de RCV, radio FERAROCK à Lille.

3somesisters

Un jour, 3somesisters a fait un rêve un peu fou : celui d’imaginer une pop multigenre. Originaire des quatre coins de la planète, ce ménage à plusieurs, dont le nom atteste gracieusement que le féminin peut l’emporter sur le masculin, lève le voile sur des compositions qui se prélassent dans une pop baroque et polyphonique, un glam électronique où la grandiloquence est toujours de mise et dont les parents pourraient se nommer David Bowie – époque “Scary Monsters”– et Grace Jones. Et pour ne rien gâter, le quatuor livre en parallèle de ses coïts sonores des prestations scéniques mémorables.
Nouvel EP ‘Rope’ le 18 mars 2016

Adrien Soleiman

Claviers, batterie, programmations, basse, guitare, chœurs et saxophone discret parfois traités en effets élégants, les chansons d’Adrien Soleiman ont cette qualité rare : elles sont à la fois simples et riches. Elles sont l’œuvre d’un auteur compositeur qui sait aller à l’épure et l’efficacité sans renoncer à la densité que commandent son propos et son parcours. Enfant du jazz passé du côté d’une pop française élégante, le parisien affiche un pedigree pas comme les autres : saxophoniste de formation, le jazz et la bossa nova sont ses premiers horizons musicaux.
Son premier album, “Brille” révèle une voix neuve de la pop française. Le trentenaire parisien y dévoile les contours précis et poignants de chansons portées par des mélodies grisantes et une nostalgie enveloppante. Le parcours musical d’Adrien Soleiman lui a donné une liberté qui s’entend : son écriture poétique embrasse l’héritage d’Alain Bashung ou de Christophe ; ses arrangements trouvent un équilibre entre sonorités organiques et synthétiques, comme en ont le secret les Anglais de Radiohead ou Metronomy.

Clément Bazin

Après un deux EPs convaincants sortis en 2012 et 2013, Clément Bazin n’a pas chômé. Il parcourt le monde pendant 2 ans et demi, en tant qu’instrumentiste pour Woodkid et prend le temps, entre les pauses de cette tournée monumentale, de produire et composer pour son projet personnel.
Nouvelle recrue du label qui monte, Nowadays Records, il rejoint La Fine Equipe, Douchka et Fakear dont il a d’ailleurs assuré quelques premières parties lors d’une tournée de printemps affichant complet.
Le 10 juin 2016, est sorti son nouvel EP, « Return to Forever », réunissant des morceaux composés en solitaire dans son petit studio parisien. Ce mini-album synthétise les diverses influences de Clément, autant marqué par l’électro pointue de Jamie XX que par les rythmes calypso de Trinidad.
Sur une base de beatmakin, les samples de voix transportent et laissent libre cours aux envolées de SteelPan, instrument emblématique de l’électro-tropicale de Clément Bazin.

Fishbach

Après une enfance passée entre la Normandie et Charleville-Mézières, Flora, encore adolescente, décide de quitter l’école. Arrivée à la musique sur le tard et après avoir chanté pour différents projets, elle se met à écrire ses propres chansons. Elle s’isole alors dans son « purgatoire » (le petit nom qu’elle donne au grenier de la maison familiale) et enregistre seule et avec les moyens du bord une série de maquettes. Et c’est sous l’identité de Fishbach (son nom de famille allégé d’une lettre), charismatique personnage pop et androgyne, qu’elle décide de porter sa musique sur scène.
Directement issus des enregistrements réalisés chez elle, c’est avec la complicité de Stéphane « Alf » Briat que Fischbach peaufine quatre chansons choisies parmi les dizaines écrites. En résulte un disque singulier, comme suspendu entre plusieurs époques.
À travers ses chansons d’amour et de ténèbres, tour à tour clamées face à l’océan ou chuchotées à notre oreille, Fishbach semble nous raconter notre propre histoire, nos joies intimes et peurs secrètes. Et sa voix de continuer à vibrer longtemps après.

JOHNNY MAFIA

Tout commence à Sens, citadelle dans l’Yonne proche de Paris. Une scène rock émerge depuis déjà plusieurs années grâce au « Garage », le local de répétition. Parmi eux Johnny Mafia, quatre potes qui se sont croisés au lycée et se découvrent une passion commune pour le Rock’n’roll.
Nés sous l’ère d’Internet, les vidéoclips et You Tube, ces quatre jeunes (20 ans de moyenne d’âge) dévorent l’univers de la scène garage, post punk ou grunge des années 2000 : Jay Reatard, Ty Segall, Wavves, Bass Drum of Death, Thee Oh Sees, Fuzz…
Le groupe se lance en 2010 et croise sur ses premières scènes Higelin ou Didier Wampas. En 2014, le groupe sort un 1er EP 5 titres à l’occasion de sa participation aux auditions régionales des Inouïs du Printemps de Bourges, et gagne sa place parmi les 32 lauréats du fameux festival.
Suivront de belles premières parties ; The Jim Jones Revue (UK), The Daddy Long Legs (US), The Henry’s Funeral Shoe (UK), Parquet Courts (US) à Paris au Divan du Monde, Uncommonmenfrommars ou encore leurs amis de Von Pariahs.

KILLASON

« The Rize », est le premier EP de Killason, jeune rappeur français talentueux d’origine béninoise. Habité par ses personnages sur scène, il nous fait voyager dans un univers déjanté et rythmé avec une sensibilité pointilleuse.
Killason, alias Marcus Dossavi Gourdot, est en passe de devenir l’un des artistes les plus complets de la scène hip hop. Rappeur, beatmaker, danseur, il a trouvé dans le hip hop un écosystème à la mesure de son talent.
A 14 ans avec le groupe Undercover il devient double champion de France 2009 et 2010 de show chorégraphique et 5ième mondial en 2009 au championnat de danse hip hop international de Las Vegas. Aujourd’hui affilié au Wanted Posse, l’un des crews les plus repérés en danse hip hop, Killason multiplie les expériences et se distingue par son acuité ultra stylisée.
Il s’attaque désormais au rap avec la même vivacité mordante, précision et endurance gestuelle à l’appui, pour devenir, indéniablement, un sacré performer.
Un rappeur aventureux, exubérant et incarné, véritable synthèse musicale de son époque.

LAS AVES

Las Aves est un gang du futur. Mystérieux, avant-gardiste. Leur premier album, « Die In Shanghai », en est le manifeste brûlant.
Pour cet album, la bande a recruté des partenaires de choix : Le visionnaire Dan Levy (moitié du duo The Do) pour la production, l’artiste indonésien Ferry Gouw (le cerveau graphique derrière Major Lazer) qui a dessiné leur emblème doré, le peintre hyperréaliste Jacques Parnel pour la réalisation de la pochette, ainsi que le réalisateur américain Focus Creeps (Arctic Monkeys, Trash Talk, King Krule) pour les clips.
Est ainsi né un album ambitieux, où l’intelligence musicale côtoie l’énergie brute d’une émotion incarnée. Art Pop, Future Rock, Heavy R’n’B, il faudrait inventer une dénomination pour qualifier cet opus novateur, dont chaque morceau semble mettre le doigt là où l’on ne l’attend pas, creusant des sillons encore inconnus dans une musique du futur.
Paradoxalement, lorsque le groupe monte sur scène, il joue alors comme si demain n’existait pas. Et si la fusée semble lancée, personne ne sait sur quelle planète habitent ces quatre-là.

MARIETTA

« Retour à la chambre à coucher, aux heureux accidents, aux erreurs magiques. Je change la cassette de face. Enregistre par dessus Bob Dylan, Syd Barett et dans la tombe de Beck. Je ressors la boîte à rythmes, le flanger et la guitare classique. Caféine, nicotine. Sacs poubelle sous les yeux où des enfants se balancent en chantant. Angoisse du temps qui passe. Le garçon pitché, la femme reverse.
Prends le comme un trip. Une colonie de fourmis à travers le système sanguin. Un pot de yaourt éclaté sur tes cheveux. Du sperme de bébé baleine contre un ciel bouché.
Des rognures d’ongle effervescentes multicolores. Le soleil dans ta bouche.
Je joue selon mes propres règles. Je marche sur les traces de ma maison. C’est de cette manière que les disques prennent feu. »
Le premier album de Marietta (projet solo de Guillaume de The Feeling of Love) a été enregistré en solitaire et bricolé dans une chambre sur un 4 pistes à cassette.
Dix chansons brutes, lysergiques et mélancoliques, aux tonalités folk, pop et psychédéliques, mixées Mixé avec Olivier Demeaux du groupe Cheveu.

MARVIN JOUNO

Assis à la table, il écrit des nouvelles et pèse ses mots sur la balance des blancs.
Marvin Jouno est un chanteur-compositeur qui capture la lumière, joue avec son ombre, fait défiler la pellicule d’un film invisible au fil de ces 11 chansons pop ombrageuses et épidermiques.
Ce premier album est le voyage intérieur d’un garçon de 31 ans qui avance masqué. Dans cette auto-fiction chantée en français, Marvin se regarde dans le miroir flou du réalisateur Andreï Tarkovski, s’abreuve de littérature russe, écrit des vraies lettres d’amour, libère ses fantômes. Il pose un décors sonore, le piano nocturne fait sa mue et laisse place à des textures synthétiques lo-fi et des rythmes massifs qui nous entrainent dans les faubourgs de Londres.
Marvin Jouno possède un flow fiévreux qui souffle le feu et donne vie à des boucles électroniques gelées, il fait des chansons à contre-jour et confie ses visions fugitives à ses amis de toujours, le réalisateur et arrangeur Angelo Foley (réalisateur du dernier EP de Christine & The Queen) et à la pianiste de jazz Agnès Imbault (du groupe Juniore).

NUSKY & VAATI

Nusky et Vaati, c’est l’histoire de l’alchimie parfaite entre MC et beatmaker, de la rencontre entre mélodies entêtantes et productions raffinées.
Malgré des escapades en solo ou en groupe chacun de leur côté, les deux comparses ont déjà sortis deux projets en commun (Lecce et SWUH) qui ont affirmé une identité artistique singulière et assumée. Ils nous proposent un condensé de nouveautés, tant dans les textes que dans la musique. Le rappeur « fragile », loin des clichés du gangster aux apparats chic et brillants, qui parle avec le cœur et pousse la chansonnette, et le producteur méthodique et professionnel malgré son jeune âge risquent de s’inscrire de manière définitive comme un renouveau du rap français, n’en déplaisent aux détracteurs figés dans le passé.
Indéfinissables, ils développent également le projet sur scène en attendant une troisième collaboration à venir prochainement.

O

Des années durant, Olivier Marguerit fut considéré comme le meilleur sideman de la pop à Paris, celui qui – de Syd Matters à Mina Tindle – mettait les autres en valeur. Et puis un jour Olivier a décidé de se mettre au centre.
La planète dessinée par Olivier est une planète vallonnée, faite de viaducs stylistiques, de jungles harmoniques, mais, surtout, de rivières. Car chez O, évidemment, il y a de l’eau. Cette fascination pour la chose aquatique, l’auditeur la retrouve sur ce premier long format. Comme chez d’autres très grands architectes (Ravel, Arthur Russell, Roedelius), la musique est ici conçue comme un matériau fluide qui coule de source malgré sa grande complexité.
Libre, érudite, physique, dépourvue de tout calcul et de toute pudeur, la pop scintillante de O rappelle que les héros musicaux de Daniel Balavoine s’appelaient David Byrne et Peter Gabriel. Elle est la preuve euphorique que la plus grande des évidences est souvent le fruit de la plus grande des sophistications. Et qu’on ne crée vraiment d’œuvre digne de ce nom qu’en piétinant avidement les frontières du « cool » et du bon goût.

PETIT BISCUIT

Le grand‐public ne le connaît pas encore, mais l’expression “grand-public” a‐t‐elle encore un sens quand plusieurs millions d’internautes sont déjà venus écouter les titres hypnotiques de Mehdi Benjelloun, alias Petit Biscuit ?
Les examinateurs du bac ne le connaissent sans doute pas non plus, mais ils ont une bonne excuse : le jeune Rouennais n’est qu’en première.
Mais ce fan de Nils Frahm, repéré sur les InrocksLab, reçoit déjà ici la mention “très bien”, grâce à une poignée de plages de sable d’or, qui évoquent le psychédélisme doux et languide de Flume comme la mélancolie tenace de The xx.
Très rare encore sur le circuit live, le jeune homme est pourtant déjà pourchassé par les plus
Importants agents et labels en Europe et maintenant aux Etats-Unis, qui flairent peut-être dans ces traitements obsédants et finalement assez pop des voix, une suite logique et toujours plus jouvencelle aux tubes de Disclosure.
Car on connaît tous cet adage normand : Petit Biscuit deviendra grand.

POMME

Adolescente, Pomme a parcouru le monde pour chanter au sein d’une fameuse chorale lyonnaise, tandis qu’en solitaire, compulsivement, elle inventait des chansons.
Le temps de se construire un répertoire, entre ses propres chansons et celles que des âmes éclairées lui tricotent sur mesure, elle glisse un pied dans ce métier qui n’attendait plus qu’elle et voilà qu’elle livre un EP liminaire, boisé autant qu’électrique.
Mais chanteuse de 19 ans à jupe fleurie n’implique pas de proposer du post folk chlorotique et gluten-free. Les icônes de Pomme sont ces maîtresses femmes de la country américaine qui la passionnent : Tammy Wynette, Dolly Parton, Emmylou Harris.
En Cavale, son premier EP, aligne quatre titres fruités enregistrés en quasi live avec un gang de musiciens (dont le batteur de François & The Atlas Mountains). Des mélodies infectieuses, une grâce évidente, des sonorités organiques. Pomme, dès ce coup d’essai qui aiguise l’appétit d’un album en gestation, affirme sa personnalité de chanteuse versatile et attachante. Une Fiona Apple sans les névroses, c’est exactement ce dont nous avions besoin ces jours-ci.

REQUIN CHAGRIN

Requin Chagrin est le nouveau projet de Marion Brunetto, varoise d’origine, également batteuse des Guillotines et d’Alphatra.
Requin Chagrin, c’est comme une renaissance, celle de la pop française des années 80, celle de la surf music des années 60, et tout ça passé à la moulinette lo-fi, parce que Marion, c’est une véritable héritière de la méthode « Do It Yourself ». Pas de grand studio clinquant à la technologie supersonique, juste un petit 4 pistes K7 pour une production fait-maison. Tout n’est pas net, précis, aseptisé, mais c’est authentique et ça grésille comme un vieux vinyle qui craque sous le passage de la cellule. Comme la vraie vie finalement.
Quand ses guitares ensoleillées viennent éclaircir ses confidences mélancoliques, Requin Chagrin ravive alors nos vieux souvenirs de soirs d’été ou cette nostalgie douce des vacances qui se terminent. Un road trip pop, tendre et rafraîchissant, face au soleil couchant.

UNNO

Unis comme des frères, Awir Léon, J.Kid et Tismé, tous trois issus du prolifique collectif dunkerquois JAYFLY, forment UNNO -The UNexpected NOte (La note inattendue) en 2011.
Forts d’un tout premier live durant l’émission de télé Taratata et d’une sélection et d’un titre de Découverte du Printemps de Bourges, le trio affiche une insolente liberté dans la manière de composer en ne s’interdisant rien et en s’autorisant tout.
Chaque morceau raconte une histoire dont les différents rebondissements tiennent en haleine jusqu’à la dernière note. Sur scène, ils dégagent une énergie aussi envoûtante qu’explosive.A la fois brut et sensible, punchy et mélancolique, UNNO s’inscrit dans la mouvance pop/électro d’artistes comme Métronomy et James Blake qui se seraient retrouvé en studio avec J Dilla.

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FAIR 2017 : les interviews (3/3)

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