FAIR 2014 - Les interviews (1/5)

Benjamin Clementine, Bigflo & Oli et Chassol répondent aux questions de la FERAROCK ! Découvrez ci-dessous les interviews des artistes du FAIR 2014.

Benjamin Clementine (Paris)

Il est des voix capables de vous transporter dans un ailleurs inoubliable, des silhouettes marquant l’esprit et le cœur dès la première seconde : Benjamin Clementine ne laisse pas indifférent.
Il y a deux ans, ce jeune artiste anglais décida de se mettre en danger en quittant Londres et ses repères, pour trouver à Paris l’espace de création nécessaire à sa musique.
C’est en s’appropriant un toy-piano, reçu en cadeau d’anniversaire à l’âge de six ans, que Benjamin commença son apprentissage musical. Aujourd’hui âgé de 24 ans, il est auteur-compositeur, chanteur à la voix incroyable, pianiste et story-teller dans la grande tradition de Randy Newman ou Gil Scott-Heron, aux accents folk et blues teintés de soul et de jazz. C’est l’histoire d’une vie encore mystérieuse, d’un passé douloureux qui se révèle de chanson en chanson, d’un univers singulier qui nous renvoie aussi bien à Nina Simone qu’à Jimi Hendrix, Terry Callier ou Screamin’ Jay Hawkins.
Benjamin Clementine est depuis peu signé sur le nouveau label Behind, créé par Lionel Bensemoun (La Clique) et Matthieu Gazier (Ekler’o’shock), sur lequel sortira au mois de juin, un premier EP composé de trois titres piano-voix.

Écouter l’interview de Benjamin Valentine :

Bigflo et Oli (Toulouse)

Depuis que leur vidéo de leur premier clip a été vue plus de 240 000 fois sur le net, Big Flo et Oli, jeunes rappeurs de 19 et 16 ans, enchaînent les apparitions sur les scènes toulousaines. Ils seront demain au Festival Détours de chant.

Ce sont deux frères comme les autres, qui se chamaillent quand ils ne sont pas d’accord. Mais avec une passion commune et une sincère complicité : « C’est pas un frère que j’ai, c’est un siamois ». Leur particularité : les deux jeunes rappeurs Toulousains ont créé un « petit buzz » sur la toile, en décembre dernier, en postant leur premier clip, sous le nom de Big Flo et Oli. Un morceau de « free-style » vu 180 000 en à peine trois semaines. Un record pour les deux lycéens (Saint-Sernin) qui étaient encore inconnus, il y a quelques mois. « Je ne t’ai pas raconté Oli, l’autre jour une fille m’a demandé une photo dans la rue ». Ils s’amusent un moment de leur toute récente notoriété. Mais au lycée, ils ne jouent pas les stars. « On galère à faire nos maths comme tout le monde », rigolent-ils. Oli est en seconde et son frère aîné tentera, comme beaucoup, de décrocher son bac scientifique en juin prochain. Mais à l’instar des jeunes de leur âge, ce ne sont pas les sorties qui rythment leurs loisirs, mais plutôt le rap, les concerts et le conservatoire de musique. Big Flo s’est mis à la batterie depuis plus de 10 ans, quand Oli, lui, a choisi la trompette. Ils incorporent, d’ailleurs, régulièrement une partition de violoncelle ou de trompette à leurs compositions. Leur marque de fabrique. Ce qui leur vaut l’adhésion d’un public d’ordinaire réticent au hip hop. « Souvent, à la fin d’un concert, les gens nous disent qu’ils ont bien aimé ce qu’on a fait alors qu’ils n’aiment pas le rap, c’est paradoxal car nous, on fait du rap. » Leur père ajoute, « Souvent des mamies et des papys disent que leurs textes sont émouvants ». Il faut dire que dans leurs chansons exit les flots d’insultes et les appels à la violence. « On essaie vraiment de redonner au rap son image de départ. Souvent, les gens qui ne connaissent pas pensent que les rappeurs sont des voyous », explique Big Flo. « Il faut dire que quand le rap est médiatisé, c’est souvent quand il y a de la casse », regrette son jeune frère. « Le rap a plusieurs visages, continue Big Flo » « Et nous, on mélange tous les styles », finit son double. Un bain multiculturel cher à ces métis issus d’un père d’origine argentine, musicien de salsa et d’une mère, fille d’Algériens, amoureuse de musique classique et de chansons françaises. Leur rêve : « voir nos noms en lettres rouges à l’Olympia et gagner une victoire de la musique pour la dédicacer à nos parents ». Mais les deux jeunes hommes gardent malgré tout les pieds sur terre : « On est rêveurs, mais pas naïfs ». Un rêve que pour l’instant ils vivent à fond. À 15 et 19 ans, les deux jeunes hommes ont déjà rappé en première partie de Cali, lors du 14 juillet devant 100 000 personnes. La route est longue, mais Big Flo et Oli y croient.

Écouter l’interview de Bigflo et Oli :

Chassol (Paris)

Après avoir harmonisé la Nouvelle-Orléans avec "Nola chérie", Chassol revient en 2013 avec "Indiamore", création tournée entre Calcutta et Bénarès en juillet 2012, dans laquelle il harmonise sons, images et musique traditionnelle avec ces suites d’accords qui ne ressemblent qu’à lui. 
Chassol a pour objectif d’harmoniser le réel, la vie, le monde, tout ce qu’il rencontre, tout ce qui lui parle. 
Harmoniser le réel, c’est partir d’une image l’intéressant dès lors qu’elle produit un son : 
Chassol la duplique, joue avec le montage pour créer un motif rythmique et visuel, harmoniser les sons ainsi créés et produire un véritable objet filmique et musical.
Le résultat porte un nom : "ultrascore"
Les premières rencontres de Chassol avec la musique indienne datent de son adolescence où grâce à John Mac Laughlin, et son groupe Shakti il a pu entendre raggas, structures rythmiques et instruments indiens se mélanger au jazz.
Vinrent ensuite Ravi Shankar, Hariprasad Chaurasia et les chansons dévotionnelles.
Plus récemment les films documentaires de Louis Malle (L’inde fantôme) et de Johan Vander Keuken (L’œil au dessus du puits) l’ont profondément marqué et après avoir harmonisé la Nouvelle-Orléans dans « nola chérie », le choix de tenter une harmonisation de la vie, des sons, musiques, bruits et trafic de l’Inde du nord s’est imposé très naturellement.
À Calcutta et Varanasi la plus vieille ville d’Inde il est allé filmer sitaristes, percussionistes, chanteuses, danseuses, les enfants, le Gange, la ville et le chaos apparent du trafic.
Indiamore déploie en quatre mouvements, une même suite harmonique tonale d’accords chauds et très pops qui épouse la musique modale indienne ne reposant généralement que sur une basse continue jouée par le tampura.
En répétant ces images, en traitant leur son comme un materiau musical et en harmonisant le discours des acteurs avec ses propres obsessions harmoniques, il réussit à mêler une approche documentaire à une œuvre purement musicale.

Écouter l’interview de Chassol :

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