DANIEL PABOEUF UNITY - Golden Years

Cette semaine, du 14 au 18 mai 2018, les radios FERAROCK vous font découvrir l’album "Golden Years" de Daniel Paboeuf Unity sorti chez Il Monstro


Dans la symbolique de la psyché, il existe des lieux de découvertes et d’explorations, matrices de toutes les aventures à venir, où l’on apprend que l’on peut revenir vivant de toutes les odyssées. C’est à ce territoire de son enfance bretonne, à Kerjego, dans la campagne morbihannaise, que Daniel Paboeuf rend hommage sur "Golden Years", troisième album de son Unity formé il y a une dizaine d’années. Il y a bien longtemps que le saxophoniste rennais au souffle unique poursuit son chemin d’explorateur sonore, jonglant avec les styles, les grammaires et les territoires musicaux. Derrière les envolées, les râles furieux et les magnifiques volutes de Daniel Paboeuf (saxophones, voix), sur les terres libératoires de cet « âge d’or », Hélène Le Corre aka Mistress Bomb H (samples et choeurs), Nicolas Courret (batterie, laptop) et David Euverte (claviers, synthétiseurs, piano) tissent une toile épaisse et contrastée, qui fonctionne à la fois comme un filet et un trampoline pour le souffleur funambule. L’Unity fonctionne en union, bien sûr. Mais surtout comme un redoutable commando de combat sonique, qui déploie toute l’étendue de son talent et de son inventivité au long des quatre chansons et quatre instrumentaux de ce spectaculaire road-trip sonore. Des ambiances post-industrielles tarabiscotées à la Père Ubu de l’électro new-wave « Golden Years » aux craquements et zébrures numériques du narratif « Le soleil nous aplatit », du Joy Division électronique de « Mothers and sisters » à la ténébreuse symphonie « Fear », le DPU s’immisce avec gourmandise sur les terres de la chanson. Mais, à l’opposé d’une pop légère et diaphane, les codes sont ici déconstruits et désarticulés pour se réinventer ensuite dans leur propre chaos créatif. Du post-rock reptilien de « Et encore » aux beat électro-indus à la Einstürzende Neubauten de « Mad », des synthés millésimés de « N’oublie pas » à cette belle « Procession » finale où les saxophones en section survolent les débris sonores et musicaux qui s’agglutinent autour de cette batterie impériale, les instrumentaux se jouent des clins d’oeil « eighties » comme des embardées jazz. Un groove puissant et délétère unit tous les titres de cet album qui semble synthétiser en les réinventant, les différentes musiques que son leader a pratiquées tout au long de sa carrière (jazz, pop, rock, électro, chanson, musiques improvisées). Passant du spectaculaire à l’intime, du lyrisme à la rage, de la virtuosité au décalage humoristique avec la même aisance, le Daniel Paboeuf Unity signe avec Golden Years un
genre d’album de la maturité. À la fois synthétique et décomplexé, ludique et frondeur, rageur et mélodique, un disque qui affirme tranquillement que la musique ne connait pas de limite dès qu’elle refuse la peur et affronte ses propres frontières. Comme dans cette terre sauvage et verdoyante de Kerjego où l’enfant découvrait que la liberté était là, à portée de main et d’imagination. Que l’odyssée commençait juste à l’orée du chemin.

Le nouvel album de Daniel Paboeuf Unity est à découvrir et à gagner jusqu’au 18 mai sur les radios FERAROCK !

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