BOOGERS - Running in the Flame

Cette semaine, du 29 septembre au 03 octobre 2014, sur les radios de la FERAROCK, découvrez le nouvel album de Boogers intitulé Running in the Flame paru le 02 juin chez at(h)ome.

La langue Française aime bien inventer des nouveaux mots.
Ça permet de vendre des dictionnaires actualisés et d’assurer une retraite à Bernard Pivot.

Ces dernières années est apparu le terme adulescent. Le problème c’est qu’ils se sont complément plantés dans leur définition en ne lui juxtaposant que des à-côtés régressifs.

Boogers a toujours respecté ses amours musicaux d’antan. Fan de la première heure de Weezer et leur science de la power-pop (et certainement de leurs idées mercantiles stupidement brillantes tel que le festival sur un bateau croisière organisé en 2010), il ne s’est jamais caché de chercher l’inavouable pour la sphère indie : un tube, un bien dégueulasse mais rempli d’amour. Des mélodies qu’on fredonne en caisse, qui nous rendent honteux d’être aussi heureux à l’instar des feel good-movies de John Hugues.

Pour se faire une technique imparable et révolutionnaire : n’en avoir aucune. A l’image du Bronx d’une cave de DJ punk ne connaissant pas le terme de disque dur, Boogers emmagasine des stocks d’idées dans son cerveau, réalise des quantités industrielles de refrains qui chaloupent sur son synthé, guitare ou Windows 98 puis assemble le tout pour en extraire des hits.

Quand il lui manque l’idée lumineuse, il s’appuie sur son pote Google et à l’instar d’un digger du vinyle il prend sa casquette d’archéologue de bandes sonores oubliées pour leur redonner une seconde vie. Il est quelque part le président de « 30 millions d’amis » des bruitages abandonnés. Son respect pour la rébellion juvénile se niche dans une ambiance de planche à roulettes et de pantalonnade lors de la chute (réussir le Nosegrab passé 30 ans est plus complexe) : des affiliations avec la mélancolie des Descendents ou des Face-B de Lawgagon (les rares qu’on peut encore écouter passé le stade de l’acné) croisés avec la superbe de Gotainer.

Car au fil de sa discographie, les ambiances se sont diversifiées. La banane est perturbée par des micros-grésillements qui ne sont pas là pour jouer au clown triste torse-nu. Boogers ne réalise pas son Tchao Pantin artificiel mais assume les gueules de bois, concède le prix à payer quand on aime trop rigoler. Comme le reggae des pionniers qu’il affectionne tant, il y a un décor caché derrière la première simplicité des Yes Man.

Pour un grand nombre Boogers est un branleur se laissant porter par des mélodies faciles et un art de la déconne qu’il maitrise en roue libre.
Il faut cependant toujours se méfier de ces outsiders qui ne remplissent pas leurs cahiers de vacances. S’ils ne sont pas assis au premier rang à fayotter, ils prennent souvent leur revanche.

Beck a commencé en clamant qu’il était un looser et désormais est acclamé à son corps défendant par les écoles de musiques du monde entier : Do It Yourself Especially if It’s Stupid tel pourrait être leur mantra commun.

Boogers est loin d’être fumiste, il a construit seul son rêve de groupe, pour ne pas avoir à s’expliquer sur ses écarts entre le Reggae et le Punk, la marrade à volume 14 et le sérieux dans la déconne d’un Geek. Terme détourné par le jargon populaire qui désigne normalement un spécialiste dans un domaine et non un associal qui se touche en rêvant de connaître le Cheat-Code pour l’amour physique illimité.

Pour écouter son nouvel album, attendez ce moment impromptu où vos meilleurs camarades de bamboule sont réunis innocemment dans votre appartement, barrer votre visage d’un grand sourire et construisez vos souvenirs sur ses mélodies aigres douces.

Boogers in finé, c’est ce lien que vous pouvez transmettre un jour à votre petit frère ou sœur et qui vous permet de ne pas passer pour un ringard.

JOCELYN BORDE

+ d’infos : sur Facebook

L’album Running in the Flame est à découvrir et à gagner jusqu’au 03 octobre sur les radios FERAROCK !

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