BENJAMIN FINCHER - Kamishibai

Cette semaine, du 20 au 24 octobre 2014, sur les radios de la FERAROCK, découvrez le nouvel album de Benjamin Fincher intitulé Kamishibai pour sa sortie prévue le 20 octobre chez Pacinist.

Pour ceux qui se posent pertinemment la question, le kamishibai est une technique ancestrale de conte japonais, un théâtre d’images où l’on tourne des pages illustrées. Née il y a des siècles, cette pratique a nourri jusque récemment la BD ou les dessins animés.
Comme le Kamishibai, Benjamin Fincher est apparu sous différentes formes suivant les points de vue et les moments. Aujourd’hui, tombons le masque et révélons que Benjamin Fincher, c’est Jean-Baptiste, créateur du projet et désormais compositeur solitaire s’entourant de musiciens éclectiques à la scène comme en studio.

Benjamin Fincher est donc le deuxième album de Benjamin Fincher. Produit par Pacinist, collectif/label fondé par l’artiste et co-réalisé avec Benoît Bel au Mikrokosm studio (Lyon), Benjamin Fincher y déroule mieux que jamais son savoir-faire, sa petite musique finement taillée mais qui au fil des morceaux prend toujours plus d’ampleur.

D’ailleurs dans les textes décrivant le kamishibai, on retrouve une autre analogie avec l’album : « Pour le conteur, parfois le passage se fait très lentement, en continu, parfois il est nécessaire de retirer l’image en deux ou trois étapes, pour créer du suspense, parfois l’image est retirée rapidement, créant un effet de surprise ».
L’intention est la même à l’écoute de ce disque où les titres ont des allures de triptyques, se révèlent au fil de lentes montées, de cassures surprenantes et de pauses béates. Il ressemble à un album comme on en faisait au siècle dernier : riche et cohérent, mais loin d’être uniforme, peuplé de belles respirations et de contrastes flamboyants. 


Dès le premier morceau le ton est donné : longue introduction, We always run et son ascension de violoncelle et de voix, constitue une pièce idéale pour rentrer dans cet album aventureux. Go outside s’aventure sur des pistes électroniques un peu obliques. Benjamin Fincher s’y amuse en utilisant les voix à la façon d’un Philip Glass et nous impressionne avec un dernier élan mélodique fou, éclairé par des chœurs solaires. Long distance elle, avec ses belles harmonies est un tube indé en puissance. Quasi instrumental, I Wish I Had a Lower Voice est un morceau linéaire, en équilibre parfait entre groove krautrock et psychédélisme, servi par une production impeccable. Puis arrive Wide Eyed, chanson qui fera battre les cœurs. À une première séquence austère créant une atmosphère inquiétante succède une deuxième séquence épique, comme peuvent en faire naître Grizzly Bear ou Anna Calvi, emmené par une rythmique saccadée, des chœurs omniprésents et des clarinettes basses célestes ; le tout se concluant avec une coda surannée.

A mi parcours, Benshi, morceau cinégénique et instrumental, pourrait être la BO d’un western se déroulant sur une planète d’un système solaire oublié.
La pop métronomiesque de Paper Play sent bon l’été et étonne avec son riff aux accents bossa, ses arrangements de violoncelle et son rhodes malicieux.
Saluons également la chanson chorale Violet Hour dont le texte lorgne du côté des beatniks et de la philosophie zen prônée par Kerouac, un autre admirateur de l’héritage japonais.

L’album se finit en immersion totale avec deux morceaux fleuves séparés par une respiration, Good thinks come in ones, imparable tube pop.
Kamishibai, d’abord synthétise superbement toutes les pistes suivies par Benjamin Fincher sur l’opus : des rythmiques aux motifs krautrock, des voix aériennes, des guitares, bien sûr, et des instruments classiques, piano, violoncelle ou clarinette, qui s’échappent en nappes électroniques… La structure répétitive du morceau devient le cadre au développement des émotions du musicien. Métaphore de l’objet japonais, on oublie peu à peu le support pour se perdre dans le flot de la musique...

A storm enfin conclue l’album de manière inattendue : sur une piste de danse ! Cette chanson quitte l’introduction délicate qui rappelle Patrick Watson pour aller vers une électro au groove redoutable que ne renierait pas James Murphy.

+ d’infos : sur Facebook

L’album Kamishibai est à découvrir et à gagner jusqu’au 24 octobre sur les radios FERAROCK !

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