BAXTER DURY - It’s a Pleasure

Cette semaine, du 27 au 31 octobre 2014, sur les radios de la FERAROCK, découvrez It’s a Pleasure, le nouvel album de Baxter Dury sorti le 20 octobre chez [PIAS] Le Label.

Il y a des moments dans la vie de chacun où il faut faire le point : considérer son impact sur le monde, sa contribution à la société et repenser à ceux qu’on a laissés derrière soi. Heureusement pour Baxter Dury, ces moments d’introspection ont tendance à se manifester sous forme d’instantanés tragi-comiques qui, en plus, coïncident avec ses albums.

Pour son quatrième grand livre de la vie – ou nouvel album si vous préférez, It’s A Pleasure (sortie le 20 octobre via [PIAS] Le Label) – une série de conflits d’émotions, de rythmes austères, de vignettes comiques et de synthés dérangés s’unissent pour présenter la vision ironique de la bataille d’un homme avec l’existence. C’est de la métaphysique croisée avec du disco morose. Et c’est merveilleux.

“Ça parle des erreurs habituelles d’appréciation de la réussite masculine. Mêlées tout du long de pensées plaisantes et versatiles, suggèreBaxter Dury à propos de son dernier album, avant de laisser s’exprimer son philosophe intérieur. En fait, c’est une façon très abstraite de le décrire. Il y a presque un côté tueur en série amical – tu as serré quelqu’un dans tes bras pendant trop longtemps. Vous voyez ce que je veux dire ?”

L’auditeur ne devrait pas redouter l’étreinte de It’s A Pleasure. Oui, il y a de l’angoisse et des échecs, mais aussi une belle dose d’humour et de joie. “J’ai essayé qu’il soit à la fois jovial et assez sérieux. La jovialité sur commande est atroce, mais la vraie malchance est drôle, on peut en rire. Ce n’est pas loufoque. La loufoquerie est atroce. Les niveaux complexes du malheur sont drôles, remarqueBaxter Dury en hochant la tête. Il y a beaucoup de portraits crus d’hommes inadaptés et puis il y a des chansons qui sont des listes d’ambitions de gens qui n’arrivent plus trop à suivre. En gros c’est un disque de pantalons qui ne vont pas bien.”

Succédant à Happy Soup (2010), album de Baxter Dury unanimement salué, It’s A Pleasure a été enregistré dans les studios les mieux équipés du monde, dans des villes comme Paris et New York – ainsi qu’en bonne partie dans le living room de Baxter Dury.

“C’est un exercice colossal et épuisant en termes de gâchis d’argent, de larmes et d’émotions,” plaisante à moitié Dury au sujet de la création de l’album. Il a principalement travaillé avec son ami, le guitariste Mike Moore, des membres de Babyshambles ont aussi participé au processus et Craig Silvey, le collaborateur d’Arctic Monkeys a mixé le disque. “Si j’avais été un peu plus prévoyant et intelligent, ça aurait pu se passer bien plus confortablement. C’est un bordel très coûteux, mais drôle aussi. Je me suis bien amusé !”
Et c’est l’essence de It’s A Pleasure : gauche, certes, mais avec une explosion délicieusement plaisante de vérités scandaleuses et de joie malsaine décalée.

L’accumulation de faux pas et d’erreurs du premier morceau, “Pleasure”, s’élève au-dessus de synthés carillonnants et sur le provocant “Other’s Men Girls” Baxter Dury en mode spoken-word est au sommet de sa forme alors qu’il contemple un désastre amoureux.
“C’est cette incapacité à traiter avec le sexe opposé. Un homme en colère qui ne sait pas quoi répondre : ‘Explique-moi ce que tu veux dire ?!’, suggère-t-il. C’était facile à écrire, ce qui était inquiétant !”
Ailleurs, on découvre le disco triste de “Petals”, le tourbillon hérissé de “Wintery Kisses” et le turbulent “Police”, inspiré par une histoire de nuisances sonores avec un voisin – l’anecdote s’est même retrouvée dans la presse anglaise l’an dernier. “Je balance sur pas mal de gens ainsi que sur moi, admet Dury en souriant. Il y a beaucoup de références directes mais à clé, vous voyez ? Je ne donne pas de précisions. C’est assez drôle, en restant abstrait. Quand on écrit, on se dit : ‘Mon dieu, c’est tellement sujet à controverse ! Merde ! C’est comme si c’était un roman de Le Carré et que ça allait couler des gens, alors qu’en fait, personne ne sait de quoi on parle.”

Ayant rôdé un nouveau groupe plus tôt en été lors d’un festival au cours duquel Baxter Dury et ses musiciens se sont retrouvés impliqués avec le chef d’une organisation de fêtards, un DJ célèbre et des dégâts dans un château européen hors de prix (une expérience qui inspirera sûrement une future chanson), le chanteur et auteur-compositeur n’a qu’une envie, après son long passage en studio, c’est de reprendre la route avec “sa bande merdique de Chiswick qui tente d’imiter New York.

Cet album est marrant à faire sur scène, on peut s’y plonger. Je suis impatient de le jouer,” déclare-t-il. En effet, malgré les erreurs de jugement et l’ambition mal placée, au final, le regard de Baxter Dury sur les mésaventures de la vie est un exercice plein d’espoir et positif. Certes, il est dans le caniveau de son propre fait, mais les étoiles sont encore visibles… tout juste. “Ça reste optimiste, mais j’ai changé de décor depuis mon album précédent, explique Dury. Happy Soup était plus solaire et parlait d’échec innocent. Celui-là est un peu plus sombre. Je crois que c’est un état d’esprit différent, c’est un disque plus austère. Il est de nature plus noire, plus froide, mais ce sont les mêmes vieilles conneries ! Ça vient de la même cuisine… Ou pas. C’est plus comme de tenter de manger du poulet surgelé.” Un plaisir glacé qui vous réchauffera pourtant le cœur…

+ d’infos : sur Facebook

It’s a Pleasure est à découvrir et à gagner jusqu’au 31 octobre sur les radios FERAROCK !

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