BARS EN TRANS 2013 - Les interviews

Retrouvez ci-dessous les interviews réalisées par les Férarockeurs lors des Bars en Trans 2013.

Be Quiet

« Be quiet… Stay calm… » Henry avait les mains qui tremblaient et le froid de la cave où il s’était réfugié avec Jessie semblait lui transpercer les poumons. Dehors, les voitures de police fonçaient sur les trottoirs de la ville, toutes sirènes hurlantes pendant que la radio diffusait un titre bruitiste et mélodique du quintette bordelais Be Quiet. Les crissements de guitare s’empilaient sur des rythmes minimalistes à mi-chemin entre Sonic Youth et Joy Division et Henry souriait. Il jeta un œil vers la jeune fille tremblante bâillonnée de chatterton noir et fouilla au fond de sa poche à la recherche de son cutter fétiche…

Interview Be Quiet

Benjamin Fincher

Pop orchestrale, folk, lo-fi, indie rock ? Comment définir la musique de Benjamin Fincher sans l’alourdir de brumeux clichés ? Et de qui est-il le frère ou le cousin éloigné ? Grandaddy ? Patrick Watson ? Belle And Sebastian ? Multi-instrumentiste solitaire, il joue et compose chez lui de petites merveilles de chansons, notes minutieusement assemblées et travaillées au plus près de l’os. Il n’a d’autre but qu’accompagner, nourrir, donner forme à cette sensibilité particulière qui donne l’impression à celui qui l’écoute, que c’est lui qui décide chaque jour du temps qu’il fait…

Interview Benjamin Fincher

Blackmail

Blackmail c’est d’abord une pulsation droite comme une autoroute, raide comme un signal midi, des influences qui vont de Suicide à Depeche Mode en passant par Joy Division sur fond de sons industriels et de rythmiques rockabilly. Entre rock sans guitare et acid-house débarrassée de ses tentations hédonistes, Blackmail joue un genre de blues électronique, une musique sale et sombre, mais résolument dansante. Un équilibre parfait que soutiennent synthétiseurs et boites à rythmes vintage maltraités, ou le grand écart d’une époque qui vient de trouver ici sa possible bande-son.

Interview Blackmail

Blind Digital Citizen

Urgence. C’est le terme qui vient à l’esprit dès que l’on écoute Blind Digital Citizen. Urgence dans la musique d’abord. Synthés (80’s et 70’s), guitares tendues à l’extrême, batterie toute en roulements et percussions sèches comme les gifles de l’enfance. Le décor est posé par la musique : implacable, psychédélique mais froide.
Et la voix surgit. Scandée, en français, elle pose des questions impossibles, hurle des souvenirs et crie son mal être dans un écho de solitude terrible. Blind Citizen Digital nous fait plonger dans le noir absolu d’une introspection forcée, un examen de conscience comme un passage à tabac qui laisse dans la bouche le goût du sang. Froid.

Interview Blind Digital Citizen

Bodybeat et Alpage Records

Il est parfois des passions secrètes qui ne demandent qu’à exploser au grand jour. C’est ainsi qu’Olivier Lambin, plus connu pour ses albums folk / blues sous le nom de Red se retrouve frontman de Bodybeat et chantre d’un funk à la mode eighties. Une basse qui pue le sexe, une rythmique qui martèle chaque temps et une guitare ensoleillée comme le visage grillé de Nile Rodgers dans la vidéo de Get Lucky, il n’en faut pas plus pour faire du nu-funk de Bodybeat la bande son idéale d’un fiévreux vendredi soir. Ready to funk ?

Interview Bodybeat

Im Takt

Rythmes chauds et nappes froides, Im Takt se situe au confluent de ces deux univers, une sorte de musique mandingue sauce Goethe, un chaud/froid par dessus tout dansant. Bon nombre d’ingrédients rentrent dans la composition du trio, les sons acids des clubs berlinois, mélangés aux rythmes en chaleur africains, avec l’énergie saisissante du post punk 80′. Après avoir sorti 2 EPs depuis 2010, le groupe a clairement défini son identité pour obtenir une forte cohérence sur son premier album dont la sortie est prévue au mois de février 2014.

Interview Im Takt

Jessica 93

Elle a sacrément le blues la petite Jessica. Et quand elle a le blues elle est de mauvaise humeur. Le genre de colère qui lui donne envie de pousser tous les êtres qui l’entourent au suicide. Alors elle court dans les rues en distribuant des sacs plastiques dont l’intérieur est enduit de glu. Pour qu’on ne puisse pas les enlever de nos têtes. Jamais. La capuche sur la tête elle se balade sous la pluie et les lampadaires éclatent un par un sur son passage. Jessica 93 c’est la haine des guitares black métal qui lacèrent les visages comme une pluie d’étoiles ninjas. C’est une batterie morte. Une voix plus froide que le fond d’une chambre froide. Plus flippante que celle de Robert Smith et plus sombre que celle de 666 moines grégoriens. Jessica a le blues. Façon cold.

Papaye

Ah qu’est-ce qu’on aime le math rock en Bretagne ! Et ce ne sont pas les gars de Papaye qui vont nous contredire ! Avec un talent certain, ils lâchent d’étranges morceaux plutôt courts (généralement moins de 1 minute et 30 secondes) comme on envoie une bonne vanne : avec aisance et le sourire aux lèvres. Ça se tortille pourtant beaucoup dans les mélodies, ça break de partout, on construit puis on démonte et on reprend le tout mais dans le sens inverse et la tête en bas. Papaye, ça tricote, ça joue avec les notes comme un chat avec une souris morte et ça fait du bien, c’est frais. Ce qui est plutôt rare dans la galaxie math rock.

Interview Papaye

Roger Molls

On l’imagine dans son laboratoire. Penché sur sa paillasse sous la lumière jaune d’une petite lampe de travail entouré d’immenses cornets semblables à ceux qui équipaient les gramophones d’antan. Il manipulerait ciseaux, colle, samplers, platines vinyles et serait entouré de centaines de boîtes de bobines de films et de kilomètres de pellicules. Découpant, sélectionnant, recollant, inversant, remixant, extrayant, il passerait ses journées et ses nuits à écrire la bande son d’un film long comme sa vie entre hip-hop bricolé à la MPC et violons de classiques hollywoodiens : un peu de cuivres par ici, une section de violons par-là et un gros groove par-dessus = la formule magique de Roger Molls.

Slow Joe & The Ginger Accident

Qui n’a jamais entendu parler de Slow Joe, ce marginal indien qui à 70 ans rencontre Cédric de la Chapelle, musicien français, et s’embarque dans une de ces aventures qui marquent l’histoire du rock’n roll ? Quatre années après leur concert mythique aux Transmusicales, Slow Joe & The Ginger Accident reviennent à Rennes, juste avant la sortie de leur nouvel album (printemps 2014 / Tôt ou Tard).
Slow Joe, toujours aussi touchant, chanteur hors cadre dont le chant profond est un hymne à la liberté, et The Ginger Accident, au son que les multiples expériences ont rendu de plus en plus excitant.

Interview Slow Joe & The Ginger Accident

The Craftmen Club

Depuis 13 ans, The Craftmen Club, se bagarre sur le front du Rock avec une énergie scénique hors norme, beaucoup de système D et une foi indestructible dans le Dieu rock’n roll. Car en 13 ans d’activité et pléthore de concerts en France, Suisse, Belgique et Canada, rien de l’idée de départ ne s’est émoussé. Ça cogne toujours aussi dur, ça taille à grands coups de riffs et les voix achèvent le boulot sans vous laisser le temps de respirer. Noble artisan d’un rock primaire tourmenté, le Club revient plus affuté que jamais après la sortie de leur dernier EP en septembre dernier.

Interview The Craftmen Club

You Man

House, électro, big beat, trance et musique industrielle, You Man puise son inspiration dans tous les courants de la musique électronique moderne pour créer un son froid comme la caresse d’un T1000. Mécanique, désincarnée et pourtant terriblement dansante, l’électronique hybride de You Man c’est l’EBM froide de Front 242 ralentie aux anxiolytiques, la force du dancefloor en sus.

Interview You Man
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