ADAM H - Abolition

Cette semaine, du 02 au 06 octobre 2017, les radios FERAROCK vous font découvrir le nouvel album, "Abolition" de Adam H sorti le 25 août chez T.Rec


Abolition est le résultat de la rencontre entre le post-punk du musicien et ingénieur du son français Jean- Charles Versari, et le folk de l’américain Adam Hocker. Originaire de Louisville dans le Kentucky, Adam fait ses armes au sein de la scène indépendante locale, puis étudie le français à Chicago, avant de partir enseigner l’anglais durant un an en Chine, puis de finir par s’installer à Brooklyn. Scary Living son groupe d’alors se revendique autant du son brut des Stones période Exile On Main Street que du côté plus sombre de Can ou déglingué de The Fall. Après la séparation du groupe, c’est la rencontre d’une française (sa future épouse) qui l’amènera à s’installer durant quatre ans à Paris. C’est donc en solo qu’il publie en 2014 son premier album « Glacier », qui lui vaut un nom sur la scène folk parisienne. Jean-Charles Versari fut quant à lui leader du groupe Les Hurleurs de 1991 à 2003, sa voix grave accompagnant cuivres, violons et autres voix féminines pour trois albums très appréciés (dont le dernier, plus sombre, produit pas Ian Caple et invitant Adrian Utley de Portishead ou encore Stuart Staples des Tindersticks). Il fonde ensuite avec Laureline Prod’Homme et Cyril Bildeaud le trio Versari (tout simplement), adepte d’un rock francophone tout en tensions. Parallèlement, Jean-Charles développe ses activités d’ingé son collaborant entre autres avec Oiseaux-Tempêtes, Flo Morrissey, Maud Lübeck, Rodolphe Burger, Lou, Josh T Pearson, Frustration, Pollyanna, Brisa Roché, Warren Ellis… C’est grâce à un autre new-yorkais exilé à Paris qu’Adam Hocker rencontre Jean-Charles Versari : Rhys Chatham. Figure du minimalisme et de l’avant-garde tombé dans la marmite punk-rock, le guitariste et trompettiste est surtout connu pour ses expérimentations de grands ensembles où défilèrent nombre de musiciens (de Steve Reich à Brian Eno en passant par Philip Glass ou Robert Fripp, excusez du peu). En 2013, Adam tient une des 6 guitares électriques qu’enregistre Jean-Charles pour l’album « Harmonie du Soir » de Rhys Chatham : une amitié naît alors entre les deux musiciens. Naturellement, l’idée de jouer ensemble se fait jour. Les deux hommes ont en commun cette double culture, tant géographique (Jean-Charles a vécu aux USA) que musicale, leurs parcours et leurs collaborations les ayant enrichis d’une large palette de styles.
Adam Hocker (chant, guitare acoustique & piano) et Jean-Charles Versari (guitare électrique) sont rejoints par Jean-Baptiste Deucher (basse, piano, harmonium & sampler). De quoi envisager la scène, volontairement sans batterie toutefois. Quel son allait en sortir ? A l’écoute, on pense à Big Black qui rencontrerait John Fahey, Neil Young qui chanterait avec My Bloody Valentine. Et si dans les textes d’Adam reviennent régulièrement certains thèmes assez noirs (le temps, le feu, le sang, le vide ou la perte), cette atmosphère profonde et grave est toutefois souvent teintée de couleurs douces et lumineuses, comme s’il y avait toujours du réconfort et de la joie dans le désarroi (« There’s joy in disarray, Solace in dismay »). Ainsi « Sarabande » sonne comme une danse puissante, noble et grave, forte de cette énergie qui appelle les renaissances. Vocalement, Adam Hocker n’a rien à envier à son compère parisien, son chant sachant se faire puissant mais sans grandiloquence, avec un côté à la fois habité et fragile sans jamais tomber dans le pathos, comme sur l’emblématique « Abolition Rag ». En évoquant un des premiers faits historiques fondateurs de son pays (le combat pour l’abolition, la Guerre de Sécession) et le personnage de John Brown (partisan d’une lutte armée pour mettre fin à l’esclavage), Adam s’interroge tout à la fois sur l’idée de « fin qui justifie les moyens » et sur ses propres origines. Les lecteurs attentifs de Faulkner auront peut-être reconnu là des références à Light In August, nouvelle mettant en scène un personnage marginalisé parmi les siens, en quête d’identité, occasion pour Faulkner comme pour Hocker d’aborder les lignes de fracture qui déchirent autant qu’elle définissent le pays et l’humain : race, religion, classe sociale, sexe… L’album s’achève sur « Dues », mélodie à la fois lourde et hors du temps où prévaut le piano : on visualiserait presque cette « lune souveraine », éclairant de sa lumière solennelle un lieu étrange où Adam H convoque les fantômes de Nick Drake et du Velvet, comme pour vaincre la peur du vide…

Le nouvel album de Adam H est à découvrir et à gagner jusqu’au 06 octobre sur les radios FERAROCK !

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